France – Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence – Voyage septembre 2025 – Impressions photographiques

France – Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence – Voyage septembre 2025 – Impressions photographiques

Italie, Piémont – Forte di Fenestrelle

Notre voyage d’étude s’est déroulé, du 19 septembre au 22 septembre 2025, sur le thème « France – Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence – Les défenses des vallées de l’Arc et de la Durance » et nous avons logé, à Briançon, dans un hôtel au nom prédestiné : Vauban.

Le 19 septembre 2025, les dix-huit participants franchissent la frontière franco-suisse au Châtelard et gagnent, par la vallée de la Maurienne, les départements français des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence. Leur parcours les conduit à la découverte des fortifications des vallées de l’Arc, entre Modane et Aussois, ainsi que de celles de la Durance, entre Briançon et Mont-Dauphin. Trois sites majeurs structurent le programme : la barrière de l’Esseillon, Mont-Dauphin et Briançon, ainsi que le Forte di Fenestrelle.

Aussois – La Barrière de l’Esseillon

Les forts de la Barrière de l’Esseillon constituent un ensemble de cinq édifices militaires érigés au XIXème siècle par le Royaume de Sardaigne, dans le but d’assurer la défense du col du Mont-Cenis et de la Haute-Maurienne contre d’éventuelles invasions françaises.

Ces fortifications, situées sur une crête rocheuse entre Aussois et Avrieux, portent les noms de membres de la famille royale de l’époque Victor-Emmanuel, Marie-Thérèse, Charles-Félix, Marie-Christine et Charles-Albert.

Ils furent érigés entre 1815 et 1830 sur ordre du roi Charles-Félix afin de renforcer la défense de la frontière alpine face à la France. Conçus d’après le modèle Montalembert, caractérisé par ses fortifications perpendiculaires – à la différence du modèle Vauban –, les forts de l’Esseillon témoignent de l’importance stratégique de la Savoie dans les Alpes.

Ce patrimoine architectural et historique permet de mieux comprendre la stratégie militaire du XIXᵉ siècle ainsi que l’histoire savoyarde.

La place forte de Mont-Dauphin

Mont-Dauphin est une place forte imaginée par Vauban à la fin du XVIIᵉ siècle. En 1692, après un raid du duc de Savoie ayant ravagé plusieurs villes françaises, Louis XIV choisit de consolider la défense de la frontière alpine. Vauban retient alors le plateau des Mille Vents, un promontoire rocheux au positionnement stratégique, pour y construire une fortification capable de contrôler efficacement les vallées alentour.

Les travaux débutent en 1693 et la forteresse prend le nom de Mont-Dauphin, en hommage au fils du roi. L’ensemble comprend des fortifications, une poudrière, des casernes ainsi qu’un village destiné à accueillir une population civile, afin d’assurer une présence militaire durable.

Toutefois, la signature du traité d’Utrecht en 1713 repousse la frontière, diminuant ainsi l’importance stratégique de ce site. Bien que Mont-Dauphin n’ait jamais subi de siège, la place forte a été modifiée jusqu’au XIXe siècle afin d’adapter ses défenses aux avancées de l’artillerie.

Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, elle demeure un exemple remarquable de l’architecture militaire de Vauban.

Cervières – Petit ouvrage d’infanterie de type Maginot

L’ouvrage des Aittes, intégré à la ligne Maginot, se situe sur la commune de Cervières. Construit entre 1932 et 1937 à 1 880 mètres d’altitude, il occupe un versant rocheux dominant la vallée. Cette petite fortification d’infanterie a été spécialement conçue pour protéger la vallée de la Cerveyrette contre toute incursion. Par son emplacement stratégique et sa vocation défensive, elle illustre pleinement la volonté de sécuriser les points sensibles de cette zone montagneuse durant l’entre-deux-guerres.

L’ouvrage des Aittes occupait une position clé au sein du dispositif défensif du secteur fortifié du Dauphiné, en complément des ouvrages du Gondran et du Janus. Il profitait de la couverture fournie par l’artillerie du Janus, renforcée par plusieurs batteries de soutien, assurant ainsi une protection accrue de la vallée de la Cerveyrette.

L’infrastructure comprenait quatre blocs, dont l’un faisait office d’entrée sous forme de casemate, garantissant à la fois l’accès et la défense de l’ouvrage. Côté armement, elle était essentiellement équipée de mitrailleuses et de fusils‑mitrailleurs, assurant une couverture efficace des points d’accès stratégiques alentour.

L’effectif était constitué de 92 hommes et de 2 officiers, soulignant l’importance de la présence humaine pour la défense du site.

Piémont – Forte di Fenestrelle

La forteresse de Fenestrelle fut construite entre 1728 et 1850 par les rois de Sardaigne, dans la vallée piémontaise du même nom, acquise en 1713 par Victor‑Amédée II. Elle constitue la plus vaste forteresse d’Europe, s’étendant sur 1 300 000 m². Édifiée entre 1 135 et 1 785 mètres d’altitude, elle barre la vallée sur trois kilomètres, le long de la route reliant le col de Montgenèvre à Pignerol et à Turin. Souvent appelée à tort « fort de Fenestrelle », elle forme en réalité un immense complexe regroupant trois forts et sept redoutes, reliés entre eux par deux voies de communication.

Fenestrelle passe de la France à la Savoie à la suite du traité d’Utrecht de 1713. À cette période, la vallée ne compte qu’une seule fortification : le fort Mutin, construit au XVIIᵉ siècle et déjà jugé obsolète par Vauban en 1701. Afin de protéger ce territoire nouvellement acquis, Victor‑Amédée II charge son ingénieur militaire et architecte Bertola d’édifier un nouvel ouvrage : le fort des Vallées, implanté à 1 800 mètres d’altitude.

Au cours des cent vingt années suivantes, trois autres forts viennent compléter l’ensemble : le fort Charles-Albert, placé au point le plus bas, le fort San Carlo, et le fort des Trois Dents. Les travaux s’achèvent en 1850 avec la destruction du fort Mutin. L’ensemble des fortifications est relié par trois kilomètres de murailles et un long couloir abritant un escalier de 4 000 marches.

Conçue avant tout comme un dispositif dissuasif, elle n’a jamais eu à subir de véritable siège. Au début des années 1800, elle est toutefois utilisée comme prison politique. Dans les années 1920, la forteresse est transformée en dépôt d’artillerie. En 1943, le fort Charles-Albert est détruit par les partisans. Abandonné par la suite, l’ensemble voit se détériorer le palais du gouverneur, le palais des officiers, l’église et la prison.

Aujourd’hui, la forteresse fait l’objet d’une restauration progressive, portée par la mobilisation des habitants et soutenue par diverses institutions publiques et privées. En 1997,  le site s’ouvre au public et bénéficie d’un éclairage spectaculaire.

Briançon – Communication Y

La communication Y, initialement nommée « communication des Têtes au Randouillet » lors de sa construction, constitue une fortification de type double caponnière située au sud-est de la ville de Briançon.

Cet ouvrage se présente principalement comme un long édifice de plan rectangulaire, orienté du nord au sud. Il sert de passage couvert entre le fort des Trois Têtes, situé au nord, et le fort du Randouillet au sud, tout en assurant le contrôle du vallon de Fontchristiane.

Le bâtiment s’étend sur 150 mètres de longueur pour neuf mètres de largeur. Il est construit en maçonnerie voûtée, avec des murs épais de deux mètres côté est et de 2,25 mètres côté ouest. Le passage intérieur, large de 4,5 mètres, possède un sol en terre battue et est éclairé par vingt‑six fenêtres, toutes ouvertes sur la façade ouest. Les deux extrémités de l’édifice sont protégées par une enveloppe bastionnée, chacune flanquée d’un fossé, garantissant une défense efficace aussi bien à l’est qu’à l’ouest.

Remerciements

Au cours de ce voyage, nous avons rencontré, dans chacune des associations visitées, des personnes remarquables, enthousiastes et profondément engagées dans la mise en valeur, le partage et la transmission du patrimoine historique et culturel. Leur passion et leur détermination à le préserver pour les générations futures étaient palpables. Ensemble, nous avons pu célébrer et partager l’intérêt qui nous rassemble autour d’un sujet qui nous tient à cœur.

Nous avons pu bénéficier pour l’organisation et la conduite des visites de l’aide des associations suivantes :

France : Fondation pour l’Action Culturelle Internationale en Montagne (FACIM), Centre des Monuments Nationaux – Mont-Dauphin, Association Les Aittes, Service du Patrimoine de Briançon

Italie : Associazione Progetto San Carlo Onlus – Forte di Fenestrelle

Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia

Place d’armes de Bière – Assemblée générale statutaire 2025

Place d’armes de Bière – Assemblée générale statutaire 2025

Selon l’article 10 des statuts du 25 mars 2023, le vendredi 5 septembre 2025, notre Association a organisé son Assemblée générale statutaire 2025 sur la place d’armes de Bière / Centre d’Instruction de l’Artillerie.

Description et histoire de la place d’armes de Bière

La place d’armes de Bière, propriété de la Confédération suisse, s’étend sur 870 ha (260 ha de forêts) et compte 152 bâtiments, dont des hébergements, cuisines, salles de formation, infirmerie, stands de tir et arsenal. Elle accueille régulièrement des écoles de recrues et des formations militaires. Son rôle militaire, présent depuis l’époque romaine, s’est renforcé dès 1822, avec des infrastructures constamment adaptées aux besoins de l’armée jusqu’à aujourd’hui.

Assemblée générale 2025

Après un accueil convivial, l’Assemblée se déroule selon l’ordre du jour communiqué à tous les membres. Les différents rapports, après présentation, sont validés par les membres présents, tandis que les sujets à traiter font l’objet de discussions avant qu’une décision soit prise dans une atmosphère détendue. Une fois le point « Divers » terminé, le Président clôt l’Assemblée générale 2025.

Après une courte pause, l’orateur invité propose une conférence sur « L’artillerie du futur », explorant l’évolution de l’artillerie dans l’armée suisse (mortier 12 cm 16, TASYS, plateformes d’artillerie, etc.). À la fin de la conférence, un repas rassemble les participants, puis à partir de 1330, les membres assistent à l’exercice « COMBINED ARMS 25 » (véhicules blindés, artillerie et aviation), organisé par la Formation d’application des blindés et de l’artillerie (FOAP bl / art). La direction du tir d’artillerie a été faite à distance avec l’engagement d’un drone ADS 15.

Impression photographique

La prochaine assemblée générale statutaire aura lieu en 2027.

Photos : Trésorier ASMEM

Panzerweekend 2025 – Schweizerischen Militärmuseum – Full

Panzerweekend 2025 – Schweizerischen Militärmuseum – Full

Lors du Panzerweekend 2025 (06-07.09), les équipes du Schweizerischen Militärmuseum de Full ont déroulé un programme riche de nombreuses attractions et démonstrations de chars de combat, de transports de troupe et de véhicules tout-terrain en parfait état de marche.

Des stands animés par des groupes de reconstitution historique, un marché militaire et une buvette avec boulangerie de campagne complétaient les attractions disponibles.

Le Panzerweekend 2026 aura lieu les samedi et dimanche 5 et 6 septembre ( SITE INTERNET ).

Musée

Le musée expose dans plusieurs bâtiments des chars de combat, des pièces d’artillerie, des canons antiaériens et antichars de l’armée suisse et d’autres armées du XXème siècle.

Photos : Trésorier ASMEM

Suisse  – Journée thématique 2025 « Aperçu des fortifications de la Ville de Fribourg » – Impressions photographiques

Suisse – Journée thématique 2025 « Aperçu des fortifications de la Ville de Fribourg » – Impressions photographiques

Fribourg Centre-Ville (2025) © Swisstopo

Le samedi 28 juin 2025, 19 participants prennent part à la journée thématique dédiée aux fortifications de la Ville de Fribourg.

Cette journée se déroule en suivant le sentier des fortifications conçu par l’Office du tourisme « Fribourg Tourisme et Région » (Pour les détails : https://fribourg.ch/fr/fribourg/circuit-des-fortifications-fribourg/).

Notre ballade est encadrée par un guide-historien expérimenté. Grâce à son expertise, notre groupe bénéficie d’une analyse approfondie de l’histoire des fortifications et du patrimoine fribourgeois.

Les ouvrages fortifiés de la Ville sont édifiés entre les XIIème et XVème siècle. Les contraintes topographiques du secteur, avec les courbes et parois abruptes de la Sarine, vont être habilement exploitées par les bâtisseurs pour ériger des fortifications améliorant la protection de la cité, tout en tirant parti des obstacles naturels du site. Les tours sont construites en molasse extraite localement.

Ce réseau d’ouvrages fortifiés constitue l’un des ensembles les plus significatifs de l’architecture militaire médiévale en Suisse.

À ce jour, onze tours, un boulevard (le belluard), ouvrage d’artillerie, et près de 900 mètres de murailles subsistent. Depuis le XXème siècle, l’enceinte du belluard est un lieu de manifestations culturelles.

Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia

Voyage du 50ème (2024) – Luxembourg – Belgique – Pays-Bas – Entre Ardennes et Meuse – Impressions photographiques

Voyage du 50ème (2024) – Luxembourg – Belgique – Pays-Bas – Entre Ardennes et Meuse – Impressions photographiques

Notre voyage d’études pour le 50ème anniversaire de l’association se déroule, du 12 septembre au 16 septembre 2024, sur le thème « Luxembourg-Belgique-Pays-Bas – Entre Ardennes et Meuse ».

Les 20 participants traversent une partie de la France pour rejoindre les montagnes ardennaises et les bords de la Meuse entre Luxembourg, Belgique et Pays-Bas.

Trois points forts résument le programme : Bastogne – La bataille des Ardennes, Liège – La Ceinture fortifiée et Maastricht – Le bastion des Provinces-Unies.

 

Neuf siècles de fortifications en Ville de Luxembourg

Notre visite débute par la découverte des fortifications de la ville, en commençant par le Rocher du Bock qui domine la rivière Alzette ; c’est ici que Sigefroid fonde Luxembourg en 963.

Aujourd’hui, sur le Bock, subsiste les vestiges du château et les casemates souterraines.

En raison de sa position stratégique, la forteresse de Luxembourg est l’un des sites fortifiés européens majeurs entre le XVIème siècle et 1867.

Cet emplacement illustre l’évolution de l’architecture militaire au fil des changements de domination du territoire luxembourgeois (Saint Empire, Bourgogne, Habsbourg, Espagne, France, Prusse).

 

La bataille des Ardennes

Nous nous arrêtons pour visiter le remarquable Bastogne War Museum. Ce dernier retrace la Seconde Guerre mondiale et la Bataille des Ardennes et offre une expérience multimédia immersive. L’exposition s’articule autour du récit de quatre personnages et combine objets civils et militaires avec des films d’époque pour plonger les visiteurs dans l’histoire.

La bataille des Ardennes débute le 16 décembre 1944 par le lancement de l’opératiion « Wacht am Rhein » ; attaque surprise allemande visant à récupérer le port d’Anvers. De violents combats ont lieu majoritairement en Belgique et au nord du Luxembourg. Les Allemands seront stoppés par les Alliés avant d’atteindre la Meuse et l’offensive s’achève à la fin janvier 1945 avec la retraite allemande.

 

La Citadelle de Namur

La Citadelle de Namur est l’un des plus grands ouvrages fortifiés d’Europe. Il domine la ville de Namur à l’endroit où la Sambre rencontre la Meuse.

Ce site, avec ses vastes souterrains, retrace plus de mille ans d’histoire militaire. Au XIXème siècle, avec l’arrivée de l’artillerie rayée, ses remparts perdent leur utilité défensive et la Citadelle cède la place à la position fortifiée de Namur bâtie entre 1888 et 1892.

A partir de 1891, le roi Léopold II démilitarise le site et ordonne d’importants travaux pour le transformer en un lieu culturel, historique et touristique majeur de Namur.

 

Le fort d’Eben-Emael

Construit entre 1932 et 1935 sur la rive ouest du canal Albert, le fort fait partie de la ceinture fortifiée de Liège. Dominant le canal de 65 mètres, le fort contrôle le passage entre la Meuse et le Geer et protège les ponts stratégiques de Kanne, Vroenhoven et Veldwezelt.

Les blocs de combat sont reliés par un réseau souterrain de galeries de plus de trois kilomètres sur 40 mètres de hauteur. Les superstructures de l’ouvrage occupent environ 0,45 km², faisant d’Eben-Emael le plus grand fort de son époque.

Son principal point faible est son « toit », vaste et peu protégé, sans mines ni obstacles antiaériens, avec peu de barbelés et une défense limitée, utilisé comme terrain de football par la garnison.

L’armement principal comprend une tourelle équipée de deux canons de 120 mm, deux tourelles à éclipse armées chacune de deux canons de 75 mm, deux casemates orientées vers le Nord (Maastricht 1 et 2) et deux casemates orientées vers le Sud (Visé 1 et 2), toutes pourvues de trois canons de 75 mm. Pour tromper l’ennemi, trois fausses tourelles en tôle, imitant la taille d’une tourelle de 120, sont placées sur les superstructures. Les pièces d’artillerie ont une portée de 11 et 17,5 kilomètres.

Le fort d’Eben-Emael, réputé imprenable, est attaqué par les parachutistes allemands le 10 mai 1940 au matin et tombe le lendemain, portant un coup au moral de l’armée belge.

 

Grotten Noord Sint-Pietersberg (Maastricht)

Visite des carrières souterraines de St. Pietersberg, où la craie a été extraite jusqu’au milieu du XXème siècle pour construire dans la région. Durant la Seconde Guerre mondiale, ces carrières souterraines ont servi d’abri et de passage pour la résistance entre la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne.

 

La citadelle de Maastricht (1632-1867)

Les fortifications de Maastricht ont été construites sur 1 500 ans, depuis l’époque romaine jusqu’à la fin du XIXème siècle, pour défendre la ville. Différents types de murs, portes et bastions se sont succédé lors de quatre grandes phases de construction : romano-celtique, haut Moyen Âge, médiévale et ouvrages extérieurs du XVIème au XIXème siècle.

Bien que beaucoup d’ouvrages aient été démolis au XIXème siècle, les vestiges restants représentent un exemple rare de ville fortifiée européenne à travers les âges. Pendant des siècles, la ville fortifiée portait le nom de « Bastion des Pays-Bas », avant-poste de la République des sept Provinces-Unies des Pays-Bas.

 

Les forts de la ceinture fortifiée de Liège (1914-1918)

La position fortifiée de Liège, construite entre 1888 et 1891 autour de la ville, comprenait une ceinture de forts et des défenses complémentaires. Assiégée par les Allemands en août 1914, elle finit par tomber. Durant l’entre-deux-guerres, certains forts sont modernisés, mais en mai 1940, la ligne subit un nouveau siège marqué par la prise rapide du fort d’Eben-Emael.

Fort de Battice

Le Fort de Battice, construit entre 1934 et 1937, sur la commune de Herve à 17 kilomètres de la frontière allemande, faisait partie de la défense de Liège. Il comprend une quinzaine de blocs de combat reliés par 3 000 mètres de galeries souterraines, dont cinq blocs sont dédiés à l’artillerie longue portée (3 tourelles à éclipse armées de 2 canons de 75 mm et 2 coupoles armées de 2 canons de 120 mm). Cet ouvrage a résisté durant douze jours lors de l’offensive allemande du 10 mai 1940.

Fort de Lantin

Le Fort de Lantin est l’un des 12 forts construits à Liège à la fin du 19ème siècle sur l’initiative du général Brialmont. Contrairement aux habitudes de l’époque, il a été construit presque exclusivement en béton non armé. Son armement principal comprend une tourelle équipée de deux canons de 15 cm, une tourelle avec un obusier de 21 cm, deux tourelles dotées chacune d’un canon de 12 cm et trois autres tourelles munies de canons de 5,7 cm.

Bombardé pendant la bataille de Liège en 1914, il n’a pas été réarmé et reste dans son état d’origine.

Fort de Loncin

Le fort de Loncin est détruit le 15 août 1914 lorsqu’un obus allemand a frappé l’un des deux magasins à poudre, provoquant une explosion dévastatrice qui a anéanti le centre du fort et entraîné la mort de 350 soldats sur les 550 membres de la garnison.

La majorité des défenseurs ayant été ensevelis sous les décombres, le site est rapidement devenu une nécropole militaire. Le 3 août 2014, le fort a été officiellement reconnu comme nécropole nationale par le roi Philippe de Belgique.

 

Remerciements

Durant ce voyage, nous avons rencontré, dans toutes les associations visitées, des personnes de qualité, enthousiaste et désirant mettre en valeur, partager et transmettre le patrimoine historique et culturel avec passion et détermination aux générations suivantes. Tous ensemble, nous avons partagé notre passion pour un sujet qui nous est cher.

Nous avons pu bénéficier pour l’organisation et la conduite des visites de l’aide des associations suivantes :

Luxembourg : Luxembourg City Tourist Office

Belgique : Bastogne War Museum, Citadelle de Namur, ASBL Fort Eben-Emael, ASBL du Fort de Battice, ASBL Les Amis du Fort de Lantin et ASBL Front de Sauvegarde du Fort de Loncin

Pays-Bas : Explore Maastricht and Maastricht Underground

Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia

Forts du monde – Archipel des Féroé – Île de Streymoy – Tórshavn – Fort Skansin

Forts du monde – Archipel des Féroé – Île de Streymoy – Tórshavn – Fort Skansin

Emplacement et mission

Le fort de Skansin, situé sur une colline à l’entrée du port de Tórshavn aux îles Féroé, offre une vue stratégique sur le port. Construit en 1580 pour protéger la ville des pirates, il a été détruit et reconstruit plusieurs fois.

Modernisation

En 1780, le fort a été modernisé et agrandi avec la construction de petites casemates en pierre aux toits recouverts d’herbe et de positions de tir pour l’artillerie. Il a pris sa forme actuelle, tout en subissant divers travaux d’amélioration de ses défenses.

La garnison compte une vingtaine de soldats sous le commandement d’un capitaine et dessert huit canons de 12 livres.

Vue sur Tórshavn depuis les hauteurs de la capitale

Vue sur Tórshavn depuis les hauteurs de la capitale

Déclassement et reconversion

En 1865, le fort est désactivé comme ouvrage militaire. Sa garnison est reconvertie en force de police et le fort abrite un local d’arrêt.

En 1884, une lanterne est construite dans le secteur du fort pour guider les navires et en 1888, un phare construit ; toujours en service aujourd’hui.

Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, L’Islande et les îles Féroé sont occupées par les Britanniques entre avril et mai 1940. Londres contrôle désormais tous les passages dans l’Atlantique Nord entre le Groenland, l’Islande, les Féroé et les Shetland. Le quartier général britannique est installé dans le fort de Skansin.

Canon britannique BL 5.5-inch Mark I (portée 16 km) du fort de Skansin

Canon britannique BL 5.5-inch Mark I (portée 16 km) du fort de Skansin

Les Britanniques renforcent la défense côtière de la capitale avec deux pièces BL 5.5-inch Mark I (portée 16 km) placées à Skansin et construisent un contre-ouvrage au Sud de l’île d’Eysturoy à Nes équipé de deux pièces de même type.

Vue depuis la contre-batterie de Nes

Vue depuis la contre-batterie de Nes

Pour assurer les patrouilles aériennes sur l’Atlantique Nord, ils bâtissent, sur l’île de Vágar, une hydrobase sur le lac de Sørvágsvatn et un aéroport. Les troupes britanniques quittent les îles Féroé en 1945.

Aujourd’hui, le fort est un lieu de promenade et offre une superbe vue sur l’océan et l’île de Nólsoy.

Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia

Forts du monde – Portugal – Porto – Forte de São João Batista da Foz

Forts du monde – Portugal – Porto – Forte de São João Batista da Foz

Emplacement et mission

Le fort de São João Baptista da Foz est bâti sur une position dominante stratégique à l’embouchure du fleuve Douro. Sa construction débute en 1570 et dure huit ans.

Ce premier ouvrage est une simple structure bastionnée entourant divers bâtiments religieux et d’anciennes structures médiévales.

Sa mission : défendre l’embouchure du Douro, l’accès la ville et au port de Porto et à la région contre les attaques de pirates et de navires ennemis.

Clef d’accès

En 1642, Lisbonne, craignant une invasion espagnole par le Nord du pays, décide de renforcer et d’agrandir cet ouvrage stratégique car il est considéré comme la clef d’accès à la ville de Porto et aux provinces de l’Entre-Douro e Minho et de Beira.

Les travaux débutent en 1646 et sont achevés en 1653. Sa construction prend en compte l’irrégularité du terrain et la fortification préexistante.

Plan du fort avec les ajouts proposés en 1795 – en rose, l’existant ; en jaune, le construit  (Reinaldo Oudinot, Castello de S. João da Foz do Douro com as Obras novamente acrescentadas, e as projectadas, Nos. 1 et 2, 1795, Arquivo GEAEM/DIE, 3678-A-3-35-48-h)

Architecture

L’ouvrage rénové a la forme d’un quadrilatère rectangulaire avec trois bastions, dont deux orientés vers la terre, et un demi bastion, concentrant les tirs d’artillerie du côté terre, étant donné les obstacles naturels existants pour essayer de franchir la barre de l’embouchure du fleuve Douro. Son armement compte alors 18 pièces d’artillerie. En 1798, débute les derniers travaux de modernisation du fort avec la construction d’une nouvelle porte d’entrée avec un pont-levis, un couloir et un corps de garde.

Engagements

En juin 1808, le fort est le théâtre du premier acte de réaction portugais contre l’occupation napoléonienne avec la mise en place du drapeau portugais sur le mât du fort.

Durant la Guerre civile portugaise (1828-1834), lors du siège de la ville de Porto (1832-1833), l’ouvrage assure la protection du débarquement des approvisionnements pour la ville.

Déclassement

Avec le développement des armements et de l’artillerie, le fort perd sa fonction défensive et devient, au XIXème siècle, une prison pour les détenus politiques.

Au milieu du XXème siècle, il est abandonné par l’armée. Classé comme bien d’intérêt public en 1967, il fait l’objet de travaux de restauration dans les années 1980 et 1990.

Jeudi 2 novembre 2023 – Tempête Ciarán – Vue depuis depuis les remparts du fort en direction de l’embouchure du Douro dans l’Atlantique

 

Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia / Plans : CC-BY-SA-4.0 – http://hdl.handle.net/10316/25713

Suisse  – Journée thématique 2023 « Entre ville et campagne, découverte historique genevoise » – Impressions photographiques

Suisse – Journée thématique 2023 « Entre ville et campagne, découverte historique genevoise » – Impressions photographiques

Vue de la rade et du jet d’eau depuis la tour de la cathédrale de Genève

Notre journée thématique s’est déroulée le vendredi 9 juin 2023. Ce jour-là, 16 participants, en provenance de toute la Romandie, se retrouvent dans le hall de la Gare de Cornavin et rejoignent notre guide sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre.

La Cité de Calvin

Les fortifications de la Ville de Genève (1855) © Swisstopo

A partir du 16ème siècle et suite aux luttes continues avec le duché de Savoie devenu ennemi héréditaire, la ville se replie sur elle-même et construit d’imposantes fortifications bastionnées.

Elle ne quittera plus la protection de ses murailles durant près de quatre siècles. Au milieu du 19ème siècle, Genève est la ville la plus fortifiée de Suisse, voire d’Europe.

Cathédrale et canon aux armes de la République

Maison Tavel et plan-relief Magnin représentant la ville de Genève en 1850 avant la démolition des remparts et bastions

A midi, en campagne genevoise, nous partageons un repas AOC composé de cardons, longeoles et vins du terroir genevois avant de terminer la journée en France voisine par une visite du Fort de l’Écluse.

Fort de l’Écluse

Le Rhône et le défilé gardé par le Fort de l’Écluse.

Cet ouvrage a été bâti sur un ancien château-fort des seigneurs du Pays de Gex. Constamment agrandi et modernisé durant les 16ème et 17ème siècle, son architecture sera adaptée, au 19ème siècle, pour faire face au progrès de l’artillerie.

Le fort contrôle le défilé de l’Écluse à l’ouest du bassin genevois coté français. Entre 1720 et 1933, le passage routier de la vallée de l’Écluse faisait partie intégrante de l’ouvrage.

Galerie, escaliers et restauration contemporaine de l’ouvrage de l’Écluse

Classé monument historique, cet ouvrage regroupe plusieurs types d’architectures militaires dans ces murs.

Suisse – SG-TG-ZH-SH-AG-BL – Voyage septembre 2023 – Impressions photographiques

Suisse – SG-TG-ZH-SH-AG-BL – Voyage septembre 2023 – Impressions photographiques

Vue sur la frontière allemande (Forêt noire) depuis l’ouvrage A3075 de Farnsburg

 

Notre voyage d’études 2023 s’est déroulé, du 15 septembre au 18 septembre, sur le thème « Suisse – Entre Bodensee, Limmat et Rhin – Les défenses militaires et civiles nord-est et nord du pays ».

Les 21 participants ont traversé les Cantons de Saint-Gall, Thurgovie, Zurich, Schaffhouse, Argovie et Bâle-Campagne en faisant mouvement le long des frontières Nord-Est et Nord du pays.

Notre route nous a conduit des rives du Bodensee en suivant le cours du Rhin en direction de Bâle (Position de St. Margrethen, ceinture fortifiée de Kreuzlingen, musée de la Protection civile de la ville de Zurich, musée de l’Arsenal et forteresse circulaire du Munot de Schaffhouse, forteresse de Reuenthal et quelques ouvrages représentatifs du secteur de la position de Leibstadt).

Le dernier jour, nous nous sommes arrêtés sur le site romain d’Augusta Raurica pour découvrir son histoire civile et militaire guidé par un fin connaisseur du site et de l’histoire romaine. Puis, nous avons parcouru le site des salines de Schweizerhalle et ses installations d’extraction du sel. Le clap de fin s’est effectué sur le site de l’ouvrage A3075 du château de Farnsburg (BL).

 

Saint-Gall

Ouvrage d’artillerie A5850 Heldsberg

La visite du fort, construit entre 1938 et 1941, débute par une introduction historique et tactique sur le « pourquoi » de cet ouvrage placé sur les collines de St. Margrethen. De cet emplacement, l’ouvrage surplombe la vallée du Rhin et peut surveiller le passage de la frontière par le Rhin. Avec son armement, il sécurisait l’embouchure du Rhin dans le lac de Constance et l’entrée de la vallée du Rhin en direction de Coire. Il remplira ses missions au sein de la brigade frontière 8 (Grenzbrigade 8 – Gz Br 8) jusqu’en 1992 et devient un musée en 1993.

St. Margrethen (SG) - Ouvrage d’artillerie A5850 Heldsberg

Carte du secteur de St. Margrethen  © Swisstopo

 

Thurgovie

Festungsgürtel Kreuzlingen

La ceinture de fortifications de Kreuzlingen sécurisait la frontière terrestre entre la ville allemande de Konstanz et Kreuzlingen. Les travaux de renforcement du terrain débutent à partir de 1937. Les divers ouvrages, modernisés au fil des années, seront utilisés jusque dans les années 1990.

Sous la conduite des guides de l’Association Verein Festungsgürtel Kreuzlingen, nous visitons quelques ouvrages représentatifs du secteur de la brigade frontière 7 (Gz Br 7) remis en valeur par les membres de l’association. Pour les amateurs, quatre sentiers de randonnée militaires et historiques aménagés permettent de découvrir le dispositif militaire du Festungsgürtel Kreuzlingen (Accès aux parcours).

Weinfelden (TG) - PC Gz Br 7 (A5745 Erichstollen)

Weinfelden (TG) – PC Gz Br 7 (A5745 Erichstollen)

Ouvrage d’infanterie A5683 Lengwil-Bahndamm (TG)

Ouvrage d’infanterie 5701 Bottighofen-Dorf, dit « Dorfbunker »

Carte du secteur de Keuzlingen  © Swisstopo

Zurich

Zivilschutz-Museums

Visite du seul musée dédié à la PCi en Suisse et du poste de commandement de la PCi de la Ville de Zurich (État Guerre froide) sous la conduite des guides du Stadt Zürich Schutz et Rettung Zivilschutz.

Schaffhouse

Museum im Zeughaus

Visite guidée de ce musée logé dans l’arsenal de la ville de Schaffhouse et découverte de ses riches collections mises en valeur avec brio par les équipes du musée.

Forteresse circulaire du Munot

La visite guidée de cet ouvrage emblématique dominant la ville de Schaffhouse et le Rhin depuis le 16ème siècle nous permet de découvrir son histoire et ses particularités architecturales (casemate, caponnières et plateforme supérieure à l’air libre ; le tout étant desservi par une rampe hélicoïdale). Pour clore la journée, un apéritif, avec un vin blanc issu des coteaux du Munot, est servi sur la plateforme supérieure pour profiter de la vue magnifique sur la vieille ville et le Rhin.

Argovie

Sous la conduite des guides de la Vereins Militär – und Festungsmuseum Full-Reuenthal, nous partons à la découverte de quelques ouvrages représentatifs, remis en valeur par l’association, du secteur d’engagement de la brigade frontière 5 (Gz Br 5). Nos guides complètent les données historique, tactique et technique de quelques anecdotes historiques.

Ouvrage A3868 « Ueberthal » (Uem Zentrale der 5. Division)

 

Ouvrage d’artillerie A4263 de Reuenthal

Situé entre Koblenz et Leibstadt, au nord de Reuenthal sur une colline surplombant le Rhin, l’ouvrage fait face à la ville allemande de Waldshut. Construit entre 1937 et 1939, il est le premier ouvrage d’artillerie opérationnel sur la frontière Nord avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Avec ses deux pièces d’artillerie, il avait pour mission d’empêcher un passage du Rhin dans la zone aval du barrage hydroélectrique d’Albbruck-Dogern construit entre 1930 et 1933. Perdant son importance militaire, il est décommissionné par l’armée en 1988 après la mise en service de la centrale nucléaire de Leibstadt.

Carte du secteur de Full-Reuenthal   © Swisstopo

Deux ouvrages d’infanterie de la position de barrage de Leibstadt (A4266 Kaltentannen et A4270 Kirchtannen)

La position de barrage de Leibstadt se composait d’une dizaine d’ouvrages et abris et couvrait la route, entre Leibstadt et Leugger, dans le secteur de Strick.

Augusta Raurica – Kaiseraugst – le village dans le fort romain

Le site romain d’Augusta Raurica s’étend sur trois communes (Augst, Kaiseraugst et Pratteln) sur la rive Sud du Rhin à 10 km à l’Est de Bâle.

Bâle-Campagne

Installations techniques de la Saline de Schweizerhalle

L’ouvrage A3075 poste d’observation et de commandement d’artillerie de Farnsburg

L’ouvrage (A3075 Artillerie-Beobachtungsposten und Batterie-Kommandoposten) est construit sous les ruines du château de Farnsburg, entre octobre 1939 et avril 1940, et mis en service en mai 1940. Il est utilisée comme poste d’observation pour les tirs d’artillerie et poste de commandement pour les unités d’artillerie attribuées au secteur de la position de barrage de Farnsburg.

Remerciements

Durant ce voyage, nous avons rencontré, dans toutes les associations visitées, des personnes de qualité, enthousiaste et désirant mettre en valeur, partager et transmettre le patrimoine historique et culturel avec passion et détermination aux générations suivantes.

Tous ensemble, nous avons partagé notre passion pour un sujet qui nous est cher.

Nous avons pu bénéficier pour l’organisation et la conduite des visites de l’aide des associations suivantes :

St-Gall : Verein Festungsmuseum Heldsberg

Thurgovie : Verein Festungsgürtel Kreuzlingen

Schaffhouse : Verein Museum im Zeughaus et Munotverein

Argovie : Vereins Militär – und Festungsmuseum Full-Reuenthal

Bâle-Campagne : Infanterie-Vereinigung Baselland