2005 SUÈDE

2005 SUÈDE

Suède : Stockholm, Karlsborg, Skovde

C’est à la mi-septembre qu’a eu lieu la sortie d’automne de l’ASMEM.

Nous étions une trentaine à faire le déplacement en Suède, dans une région pleine de contrastes et malgré tout, si proche de nous et de nos mentalités.

Nous avons été reçus dans un pays qui vit de plein fouet les réformes données par les nouveaux équilibres stratégiques.

Ses Forces terrestres en plein mouvement ont su mettre en valeur leur passé militaire et elles n’hésitent pas à investir dans le devoir de mémoire qui a fait la grandeur de leur pays.

De Stockholm à Karlsborg, nous nous sommes fait une idée très précise de ce pays où les axes ne sont pas délimités par les Alpes, mais par des lacs et des cours d’eau.

C’est un grand honneur que d’avoir pu loger dans les murs de la prestigieuse (?) école d’officiers interarmes de Stockholm.

Nous n’avons pas chômé. A peine avons-nous pris les cantonnements que nous avons eu le plaisir de nous rendre au musée de l’armée. La qualité et la sobriété des objets et scènes présentées, sont exemplaires. En moins de 2 heures, nous sommes passés de l’histoire des hommes des cavernes aux soldats du 21ème siècle. Ce pays se donne les moyens de mettre en image son histoire et ne renie aucune étape de son évolution. Nous avons été guidés par des passionnés qui ont su mettre en évidence les points essentiels.

La mise en forme pour la journée du lendemain s’est passée dans le Mess des officiers de cavalerie et nous avons apprécié la coutume du « Skol ».

Dans cette tradition, le hussard lève le pied droit et l’artilleur, le pied gauche, mais c’est plutôt du pied marin dont nous avions besoin car, dès le lendemain matin, nous nous sommes rendus avec des vedettes rapides sur une île qui a accueilli durant la guerre froide un système d’arme performant et impressionnant.

Nous avons pu philosopher sur la définition du tangage et du roulis. Certains participants auraient préféré la solitude de nos forteresses, plutôt que la vision décidément mouvementée de la mer! Il faut dire que les pilotes ont voulu démontrer les qualités exceptionnelles de leurs engins.

Les problèmes de budgets, de restructuration et de réorganisation sont partout à l’ordre du jour. Les installations qui nous ont été présentées, n’étaient pas plus âgées de 20 ans. Elles sont, pour nous membres de l’ASMEM, des installations modernes, … déjà déclassées.

Espérons que la Suède se rendra compte du patrimoine exceptionnel qu’elle a en main et qu’elle va oeuvrer dans le sens d’une sauvegarde des infrastructures historiques.

Le musée Vasa est vraiment un must, au point de vue de l’histoire et de la muséographie. Le Vasa est le seul vaisseau du XVIIème siècle au monde à avoir été conservé. La découverte, à bord du Vasa, de plus de 95 % des pièces d’origine et de centaines de sculptures ciselées en fait un trésor unique et l’une des attractions touristiques les plus populaires au monde.

Après plusieurs km à bord du TGV suédois, nous nous sommes rendus dans la ville de garnison de Skovde. Les Forces terrestres nous ont impressionnés par leur modernisme. Elles se veulent adaptées à un environnement proche de la réalité et nous avons eu l’exemple d’un combat de localité dans le cadre d’une mission de maintien de la paix.

Il n’y a qu’un pas entre les jeux vidéo et le matériel qui a été engagé au profit des exercices. II permet un déroulement de combat, dans des conditions réelles et tout cela, sous l’oeil attentif de la direction d’exercice. Les cartes sont présentes, mais cette fois, l’action se déroule sur écran.

La bourgade de Karlsborg a joué depuis des siècles un rôle primordial dans le concept de défense de la Suède. Elle pouvait servir de barrage à un ennemi venant de l’Est ou de l’Ouest. Véritable place forte dans ce pays de lacs, cette citadelle aurait dû permettre aux forces amies de se regrouper, de s’organiser et de se préparer au combat.

Nous avons été enchantés par la muséographie, qui nous a permis de nous déplacer, sous le feu, de caponnières en observatoires, de parapets en fossés.

Les concepteurs ont imaginé un conflit qui « n’a jamais eu lieu », et sur la base duquel les Suédois raconteront, de génération en génération, les prouesses et les bravoures de leur peuple. Quelle audace, quelle imagination!

Une sacrée soirée, que cette soirée de Gala, dans une « résidence d’officier». Un Ballenberg suédois. Si les maisons étaient d’époque, notre « Bernard » d’un soir, lui était bien vivant !!!

Sa prestance et son art du conte a fait revivre ce coin paradisiaque, mais rude. Les participants garderont des années encore le souvenir de ce personnage hors du commun et de son musée à l’honneur des hussards.

Merci aux organisateurs, aux attachés militaires suisse et suédois, aux accompagnants, à notre traducteur.

A l’année prochaine en Chine, du 15 au 24 septembre 2006.

Lieutenant-colonel Pascal BRUCHEZ

2004 Roumanie

2004 Roumanie

Arrivée à Bucarest pour ensuite se rendre dans les Carpates.

Elle se situe dans le pays de la Bârsa, région historique de la Transylvanie, et s’étend autour de la colline Tâmpa. Elle est historiquement une fondation saxonne. Sa forteresse, construite sous le règne d’Étienne Ier de Hongrie au début du XIe siècle, a été concédée par son successeur André II en 1211 à l’Ordre Teutonique comme fief de l’ordre avec un ensemble de fortifications puissantes afin de limiter l’effet destructeur des invasions mongoles et tatares venues de l’actuel territoire de l’Ukraine. Après ces invasions, l’ordre se déplaça au nord de l’Europe et la ville continua à se développer avec une population allemande importante et une population roumaine minoritaire jusqu’au début du XXe siècle.

2003 PROVENCE

2003 PROVENCE

Provence: Les débuts de l’armement nucléaire français – La Légion étrangère – Plateau d’Albion – Sisteron

Programme:

Jeudi 15 mai 2003: les débuts de l’armement nucléaire français

    • Départ de Suisse en car
    • Continuation vers Valence, Montélimar, Bollène
    • Déjeuner à Mondragon
    • Continuation vers Marcoule
    • Marcoule – les débuts de l’armement nucléaire français : visite guidée du site CEA/VALRHO
    • Continuation vers Avignon, Aix-en Provence
    • Repas et soirée libres

Vendredi 16 mai 2003: La Légion étrangère

    • Départ pour Puyloubier
    • Accueil et visite de l’Institution des Invalides de la Légion étrangère
    • Déplacement vers Aubagne
    • Déjeuner au Cercle mixte du 1er Régiment étranger
    • Présentation de la Légion étrangère, en salle Rollet
    • Visite guidée du musée du souvenir
    • Déplacement vers Marseille
    • Visite guidée de Marseille
    • Temps libre sur le Vieux-Port
    • Retour vers Aix-en-Provence

Samedi 17 mai 2003: Le Plateau d’Albion – Sisteron

    • Départ pour le Plateau d’Albion
    • Rustrel : visite d’un ancien PCT, reconverti en laboratoire souterrain
    • Lagardère d’Apt : visite d’un ancien silo de lancement, reconverti en observatoire solaire
    • Continuation vers Sisteron
    • Sisteron : visite guidée de la citadelle
    • Temps libre Soirée libre

Dimanche 18 mai 2003: Retour par Grenoble, fort de la Bastille

    • Retour par Grenoble
    • Départ par la Route Napoléon
    • Grenoble : visite guidée du fort de la Bastille
    • Continuation vers Voiron
    • Déjeuner à Voiron
    • Continuation vers Chambéry, Annecy  Retour en Suisse

SERVIR 2002 – ANNÉE 2002 !

Année 2002 !…, par le Divisionnaire Luc Fellay

La politique de sécurité de notre pays traverse une période de mutation sans précédent. Le plan directeur Armée XXI, fondé sur la conception de la sécurité par la coopération, est actuellement soumis aux Chambres fédérales. Sur cette base, la Suisse pourra se doter d’un instrument stratégique moderne, adapté aux menaces.

Dans ce contexte, j’aimerais vous présenter trois aspects liés qui me semblent importants:

  • Le principe de modularité;
  • Le futur des troupes de forteresse;
  • Le tourisme de mémoire.

Objectivement, nos Grandes Unités ne sont plus capables de remplir les prestations exigées et, en parallèle, de développer, ou même simplement de conserver Un niveau d’instruction crédible, car, tandis que les servitudes et les engagements augmentent, les effectifs, en particulier ceux des cadres, diminuent !

L’ordre de bataille de l’armée, héritier de la guerre froide et d’une conception statique des opérations, ne nous facilite pas la tâche.
La solution de la modularité, force de circonstance créée en fonction des besoins, n’est cependant pas encore entrée dans les habitudes du commandement, alors que la majorité des missions subsidiaires sont déjà remplies de cette manière !
Il n’est ainsi pas rare de voir, conduites par un état-major de GU territoriale, des troupes du Nord-Est de la Suisse garder des missions diplomatiques à Genève ou assurer l’aide en cas de catastrophe en Valais.
Le principe de la modularité offre une plus grande liberté de manœuvre au décideur. Il lui accorde une flexibilité maximale dans l’emploi des formations et permet de tenir compte au mieux de leur état de préparation. Pour le cas de défense, il offre en outre l’avantage de pouvoir tailler une force « sur mesure » pour mieux contrecarrer la menace.
Cependant ce principe est combattu par certains responsables militaires, sous prétexte de maintenir artificiellement des ancrages territoriaux. A l’époque de la globalisation, de la mobilité et de la flexibilité, ce système est révolu ! Il faut adapter notre armée, la redimensionner et mieux l’instruire pour en faire un instrument plus flexible. La capacité de créer des efforts principaux dans l’espace et dans le temps et de les appliquer sur les centres de gravité de l’ennemi est déterminante pour contraindre un adversaire à abandonner le combat. L’efficacité de l’instrument stratégique d’emploi de la force ne doit pas être sacrifiée sur l’autel du régionalisme ou d’intérêts particuliers.
D’ailleurs, avec l’Armée 95, déjà, les troupes de forteresse, précédemment affectées statiquement à des installations, sont devenues des formations liées à un secteur: Un bataillon de pionniers de forteresse dispose de moins d’équipages que d’ouvrages. Leur attribution se fait en fonction de la décision tactique. Cette évolution n’a cependant pas été remarquée par tous: beaucoup d’officiers pensent encore « troupes de forteresse Armée 61 » avec ses engagements figés, ses multitudes de servitudes et ses caisses de documents secrets !
Et pourtant les grands forts d’infanterie et d’artillerie ont été fermés.
Les formations desservant l’infrastructure de combat n’intègrent que des fortins lance-mines de nouvelle génération, quelques batteries Bison et des barrages avec barricades et ouvrages minés.

Quel sera leur avenir ?

  1. Sur la base de la doctrine opérationnelle de l’armée, en tenant compte des ressources à disposition, il faudra premièrement définir les besoins en renforcement du terrain.
  2. Deuxièmement, en appliquant le principe de modularité et en tenant compte de l’état de préparation désiré, il faudra déterminer quelles formations desserviront les installations retenues. Dans tous les cas, seule une partie des ouvrages pourra être occupée de suite et simultanément !

Ce processus, judicieux, tient compte de tous les paramètres objectifs. Au niveau subjectif par contre, demeure ce trouble qui décidément fait confondre troupes de forteresse et notion de réduit !

Pour beaucoup, il reste à comprendre que la dialectique entre mobilité et efficacité passe par le renforcement du terrain: Les bataillons mécanisés devront prendre leurs secteurs de combat au dernier moment, lorsque les indices clairs de l’effort principal adverse auront été déterminés. Ils n’auront pas le temps de procéder à des renforcements de terrain improvisés. Seul le renforcement permanent donnera la liberté de manœuvre nécessaire au commandant tactique supérieur !
Comme le rappelle souvent notre vice-président « le terrain commande, le feu décide ». Le renforcement permanent du terrain, synthèse de ces deux facteurs, est décidément l’argument majeur du défenseur menant le combat sur son propre territoire.
Pour conclure, permettez-moi d’attirer votre attention sur le potentiel touristique du patrimoine militaire. Il ne s’agit naturellement pas de sauver à tout prix de la vente ou de la démolition l’entier d’une infrastructure fortifiée érigée au cours du siècle dernier ou de transformer chaque fortin en un musée rempli de babioles plus ou moins reliées à des activités militaires.
Cependant, pour les jeunes générations qui n’ont connu ni les conflits mondiaux, ni la guerre froide et qui, contrairement à nous, n’ont pas entendu les récits de leurs pères ou vécu au contact de telles infrastructures, l’interprétation de ces vestiges deviendra de plus en plus mystérieuse.
Il est donc très important de conserver un choix d’installations typiques et significatives afin de faire comprendre l’esprit qui a permis à notre pays de rester uni devant l’adversité et les sacrifices consentis pour notre sécurité
Ce tourisme de mémoire sera un juste retour des choses: il permettra aussi d’honorer les populations qui ont accepté durant de nombreuses année la présence d’installations et de troupes dans leur voisinage.

Bien mis en valeur, rendus accessibles à un public toujours plus avide de connaissances et attiré par l’histoire, nos ouvrages ont encore un bel avenir devant eux.

Votre président

Divisionnaire Luc Fellay